Appareil auditif en EHPAD : recharge, réglages, entretien

Pour qu’un appareil auditif en EHPAD serve vraiment, trois questions doivent être réglées : qui le pose et le retire, où il se recharge la nuit, qui alerte l’audioprothésiste quand le son se dégrade. Tranchez-les dès l’entrée, avec l’équipe et le résident : l’appareil accompagne alors la journée au lieu de dormir dans un tiroir.
Au lever : qui pose l’appareil auditif en EHPAD
La journée d’un résident appareillé se décide au moment de la toilette. L’appareil est-il en place avant le petit-déjeuner, ou attend-il sur la table de nuit que quelqu’un y pense ? L’Organisation mondiale de la santé estime qu’au-delà de 60 ans, une personne sur quatre au moins entend assez mal pour en être gênée au quotidien. Dans un établissement, les aides auditives font donc partie du quotidien, et leur pose ne peut dépendre de la bonne volonté du moment.
Le résident qui garde la main
Tant que la vue, la mémoire et la dextérité suivent, le résident pose lui-même son appareil. Laissez-lui ce geste, même s’il prend du temps : il fait partie de son autonomie, au même titre que le choix de ses vêtements. L’équipe vérifie au passage que l’appareil est enfoncé, allumé et du bon côté.
Quand l’aide-soignant prend le relais
Dès que les doigts tremblent ou que l’oubli s’installe, la pose rejoint les soins du matin. L’aide-soignant l’intègre à la toilette et à l’habillage, comme les lunettes ou la prothèse dentaire, un rôle que décrit notre article sur le métier d’aide-soignant en établissement. Trois réflexes limitent les oublis et les inversions :
- repérer chaque côté grâce à la couleur de l’appareil ou de son marquage, le rouge désignant en général l’oreille droite et le bleu la gauche ;
- poser l’appareil après le rasage, la coiffure et la crème, à l’écart de l’eau et des produits gras ;
- noter dans les transmissions tout appareil manquant, qui siffle ou qui irrite l’oreille.
Ce que la famille met en place dès l’entrée
À l’arrivée, les proches connaissent l’appareil mieux que l’équipe : modèle, côté appareillé, programme réservé à la télévision, coordonnées de l’audioprothésiste. Rassemblez ces informations sur une fiche d’une page au moment de constituer le dossier d’admission. Le site officiel Service Public rappelle que l’établissement définit avec chaque résident un projet d’accompagnement personnalisé, actualisé chaque année. Demandez que l’audition y figure, avec le nom des personnes chargées de la pose et de la recharge.
Au sortir du chargeur : la recharge plutôt que les piles

Changer une pile bouton demande une bonne vue et des gestes précis : ouvrir un tiroir minuscule, retirer l’opercule, glisser la pile dans le bon sens. Pour des doigts raides, ce geste devient un obstacle, et l’appareil reste éteint faute de pile neuve. Avec un modèle rechargeable, l’étape disparaît : le soir, l’appareil se pose sur son socle de charge, et le matin il en ressort prêt. L’équipe y gagne aussi : aucun stock de piles à gérer par chambre, aucune pile égarée sur un plateau à portée d’une personne désorientée.
Pour voir ce que donne ce format en pratique, la fiche qu’Audiologys, audioprothésiste indépendant, consacre au ReSound Sensia SN960S DRWC vaut la lecture : elle présente un micro-contour rechargeable, les chargeurs prévus par le fabricant, l’accessoire qui transmet le son du téléviseur vers les aides auditives et le suivi à distance que ce modèle accepte. Une famille y trouve, réunis sur une seule page, les points à aborder avant l’essai.
Le suivi à distance compte particulièrement en établissement. Depuis l’application du fabricant, installée sur le smartphone associé aux appareils, le porteur ou un proche contacte l’audioprothésiste, qui reçoit les informations utiles et peut envoyer de nouveaux réglages s’il le juge pertinent. Pour un résident que chaque trajet fatigue, cette possibilité offerte par le modèle et par le professionnel qui l’adapte évite parfois une sortie : évoquez-la dès la période d’essai.
Ce qui se règle à distance, ce qui se fait au cabinet
Une retouche de volume, un programme pour le bruit du réfectoire, une mise à jour du logiciel : ces ajustements se prêtent bien au suivi à distance. La prise d’empreinte, le contrôle du conduit auditif et la mesure de l’audition demandent en revanche la présence du résident. Prévoyez les deux : quelques rendez-vous au cabinet et des retouches à distance entre deux visites.
Au fil de la journée : repas, télévision et animations

La matinée passée, l’appareil affronte les situations d’écoute les plus exigeantes. La salle à manger mêle les voix, les chariots, les couverts et parfois une radio : c’est souvent là qu’un résident appareillé retire son appareil, gêné par un vacarme amplifié.
À table, placer plutôt que monter le volume
Ces réglages simples aident davantage qu’un volume poussé à fond :
- installer le résident dos au mur ou dans un angle, loin de la cuisine et du passage des chariots ;
- le placer face aux convives avec qui il parle, la lumière éclairant leur visage plutôt que le sien ;
- demander à l’audioprothésiste un programme réservé aux lieux bruyants, si l’appareil en dispose.
La télévision sans faire trembler les murs
Le volume du téléviseur fâche souvent les voisins de chambre comme ceux du salon. Un émetteur relié au poste peut envoyer le son directement vers les aides auditives compatibles : le résident règle son niveau d’écoute, et la pièce garde un volume supportable. Certains appareils récents acceptent aussi Auracast, une diffusion Bluetooth appelée à se déployer dans les téléviseurs et les lieux publics.
Les animations, un test grandeur nature
Chorale, loto, lecture du journal à voix haute : les animations et la vie sociale de l’établissement révèlent vite un appareillage bien suivi. Un résident qui s’installe devant et répond aux numéros tirés suit sans peine ; celui qui reste au fond, silencieux, mérite une vérification. Signalez à l’animateur les personnes appareillées, pour qu’il parle face au groupe et répète les consignes.
Perte et casse, les incidents de la journée
Petit et de couleur discrète, un appareil retiré à table ou à la sieste finit vite dans une serviette en papier, sur un plateau repas, entre les draps ou dans la poche d’un gilet parti au linge. Quelques habitudes réduisent ces pertes :
- un étui de couleur vive, toujours au même endroit, où va tout appareil retiré ;
- le contrôle des poches avant l’envoi des vêtements à la lingerie ;
- la vérification des garanties perte et casse auprès de l’assureur ou de l’audioprothésiste, distinctes de la garantie contre les pannes.
Le règlement de fonctionnement précise en général la gestion des objets personnels : relisez-le avec l’équipe : un remplacement anticipé ne suit pas forcément le calendrier de remboursement de l’Assurance maladie.
Audiologys, audioprothésiste indépendant installé à Paris
Audiologys est un audioprothésiste indépendant installé au 130 rue de Rivoli, 75001 Paris, joignable au 01 83 87 14 51, qui dispose aussi d’un centre à Nice. Le cabinet réalise le bilan auditif, propose des appareils de plusieurs fabricants, dont ReSound, Oticon, Signia, Phonak et Starkey, et les fait essayer de façon comparative sur prescription. Il assure les réglages et le suivi, au cabinet ou à distance selon les modèles, et pratique le tiers payant du 100 % Santé. Il fabrique également des protections auditives sur mesure et publie un comparatif et un guide d’achat rédigés par l’audioprothésiste. Pour une famille éloignée de Paris, ces pages aident à préparer les questions de l’appareillage avant tout rendez-vous.
Le soir : nettoyer, ranger, recharger

Le coucher boucle la journée et prépare la suivante : c’est le moment d’un entretien quotidien, assuré par le résident ou par un soignant de l’équipe du soir, en quatre gestes :
- essuyer la coque avec un chiffon doux et sec, sans eau ni alcool ;
- brosser délicatement les entrées des microphones et l’écouteur avec la petite brosse fournie ;
- vérifier le dôme ou l’embout, et le remplacer s’il est jauni, durci ou bouché ;
- poser l’appareil sur le socle et attendre le voyant qui confirme la charge.
Ce qui s’encrasse et ce qui siffle
Le cérumen reste le premier adversaire : il obstrue le filtre pare-cérumen placé à l’entrée de l’écouteur, et le son devient faible ou haché. Changez ce filtre au rythme indiqué par l’audioprothésiste, après une démonstration à l’équipe et à la famille. Un appareil qui siffle signale le plus souvent qu’il est mal enfoncé, qu’un dôme ne convient plus ou que le conduit contient trop de cérumen. Si le sifflement persiste malgré une pose correcte, un examen de l’oreille par le médecin ou l’ORL s’impose.
Ranger sans mauvaise surprise
Gardez le chargeur branché au même endroit, loin du lavabo, plutôt que sur une table de chevet encombrée où l’appareil tombe avec le verre d’eau. Un socle débranché pour le ménage explique bien des matins silencieux : prévenez l’équipe d’entretien. Avant un week-end en famille ou une hospitalisation, glissez le chargeur dans le sac, sans quoi l’appareil s’éteint dès le lendemain.
Les signes qu’un appareil ne sert plus
Un appareil bien rangé peut cesser d’aider sans que personne ne le remarque. Selon l’Inserm, chez les plus de 65 ans, une perte d’audition est associée à un déclin cognitif, sans doute lié à un isolement social progressif : repérer tôt un appareil auditif devenu inutile protège aussi la vie relationnelle du résident. Les signaux à surveiller :
- l’appareil reste dans son étui des journées entières, ou revient le soir sans avoir été déchargé ;
- le résident monte le volume du téléviseur ou fait répéter de plus en plus souvent ;
- il quitte les animations, mange à l’écart, répond à côté des questions ;
- il se plaint d’une gêne ou d’une douleur, ou retire l’appareil dès qu’il est posé.
Ces signes appellent un point avec l’infirmier et le médecin du résident, puis un contrôle chez l’audioprothésiste : l’audition évolue avec l’âge, et un réglage ancien ne colle plus forcément aux besoins. Si la gêne persiste, un nouveau bilan chez l’ORL relance le parcours au bon endroit.
Les questions que posent les familles
Un audioprothésiste parisien peut-il suivre un parent installé dans un EHPAD loin de Paris ?
Oui, dans certaines conditions. Les rendez-vous qui exigent la présence du résident, comme le bilan ou la prise d’empreinte, se tiennent au cabinet et demandent un déplacement à organiser. Entre deux visites, certains modèles acceptent des réglages envoyés à distance depuis l’application du fabricant, si l’audioprothésiste propose ce suivi. Audiologys, à Paris, indique assurer le suivi au cabinet ou à distance : demandez avant l’achat quels ajustements le modèle choisi autorise sans déplacement.
Qui recharge l’appareil auditif d’un résident d’EHPAD chaque soir ?
Tout dépend de l’autonomie du résident, et la règle doit être écrite noir sur blanc. Une personne qui manipule encore son appareil le pose elle-même sur le socle, et l’équipe du soir vérifie le voyant en passant. Quand ce geste n’est plus possible, il entre dans les soins du coucher, assurés par l’aide-soignant. Faites inscrire cette tâche dans le projet d’accompagnement personnalisé et dans les transmissions, pour qu’elle ne dépende pas du soignant présent ce soir-là.
Que faire quand un résident refuse de porter son appareil auditif ?
Cherchez la cause avant d’insister. Un appareil qui blesse, qui siffle, qui rend le bruit de la salle à manger pénible ou qui se pose mal provoque souvent ce refus, tout comme une audition qui a changé depuis le dernier réglage. Un contrôle chez l’audioprothésiste, un dôme plus confortable ou un programme adapté au bruit lèvent parfois le blocage. Reprenez ensuite par des moments calmes, une conversation ou une émission appréciée, et respectez le choix du résident.
Faut-il une nouvelle ordonnance pour renouveler l’appareil d’un résident ?
Oui, la prise en charge par l’Assurance maladie repose sur une prescription médicale, renouvellement compris. Le médecin traitant du résident reste le premier interlocuteur, et il oriente vers un ORL s’il le juge utile. Un délai minimal sépare deux appareils remboursés : retrouvez la date d’achat sur la facture avant de lancer la démarche. En classe 1, l’appareil est pris en charge intégralement avec une complémentaire responsable ; en classe 2, le prix est libre et le reste à charge dépend du contrat.